Le moteur
deux temps conventionnel (celui muni d'un carburateur):
Une
technologie complètement dépassée

Rappelons d'abord le principe du fonctionnement archaïque de ce type de moteur:
Dès l'admission du mélange air/essence/huile, via le carburateur, le piston effectue un premier mouvement vers le haut, ce qui comprime ce mélange. La bougie d'allumage jaune, au sommet du cylindre, enflamme alors le carburant. Cette explosion a pour effet de propulser le piston vers le bas. Ce processus constitue le premier «temps» d'un moteur à «deux temps».
Dans le deuxième «temps», le piston remonte vers le haut, et les gaz de la combustion sont évacués par l'orifice d'échappement. Mais alors où est donc le problème? C'est qu'au moment où le piston remonte, l'admission du «premier temps» recommence, et se combine ainsi à l'échappement du «deuxième temps». L'orifice d'admission et l'orifice d'échappement se retrouvent donc ouverts simultanément.
Le résultat est le suivant: une partie du mélange d'essence et d'huile de l'admission passe tout droit vers l'échappement, avant d'être brûlée. De l'essence et de l'huile pures sont évacuées directement dans l'environnement par l'échappement du moteur.
Règle
générale, ces pertes sont de l'ordre de 25 à 33%
du mélange essence/huile. Mais selon M. Peter Barton,
ingénieur en chef à Environnement Canada, ces pertes
peuvent très bien s'élever à 50% dans certains
cas. En fonction de l'âge du moteur, de son entretien, du
recours ou non à l'injection d'huile, et de sa puissance, il y
a des variations.
La technologie des moteurs deux temps date de la fin du dix-neuvième siècle, et est demeurée essentiellement inchangée depuis les années 1940.
Bien que l'industrie des loisirs motorisés prétende qu'il a des solutions technologiques pour améliorer le moteur deux temps, la plupart des experts «indépendants» s'entendent pour dire que ce type de moteur n'est bon «que pour la ferraille».
À chaque année au États-Unis, les moteurs deux temps déversent plus de 15 fois la quantité d'huile et d'essence que ne l'a fait le déversement du pétrolier Exxon Valdez en Alaska en 1989.
L'Agence de la Protection de l'Environnement des États-Unis, l'EPA, estime que l'utilisation d'un moteur deux temps de 70 chevaux, pendant une heure, émet la même quantité de pollution par les hydrocarbures imbrûlés qu'une automobile moderne roulant sur une distance de 5000 milles (8046,72 kilomètres).
Des recherches récentes démontrent que des expositions pourtant très faibles aux hydrocarbures peuvent provoquer des dommages aux chromosomes, réduire la croissance, entraîner des tumeurs cancéreuses, et augmenter les taux de mortalité des poissons. L'utilisation des moteurs deux temps constitue donc une réelle menace pour la qualité de l'eau potable, d'autant plus que le nombre des embarcations à moteur en circulation augmente sans cesse.
Comme
il est possible de le constater sur ce graphique, un moteur deux
temps conventionnel émet 151 grammes d'hydrocarbures par
kilowatt/heure. Le moteur deux temps «amélioré»,
et tant vanté par l'industrie de la «déplaisance»,
est illustré par la deuxième colonne, et représente
des émissions de 40 grammes par KW/hr. Il s'agit d'un moteur
deux temps à «injection directe», où le
mélange essence/huile est injecté directement dans la
chambre de combustion. Mais remarquez que ce moteur, qui est absent
de la plupart des plans d'eau pour l'instant, est encore 10 fois plus
polluant que le moteur à quatre temps (colonne de l'extrême
droite à 4 KW/hr), alors que ce type de moteur est déjà
disponible depuis de nombreuses années.
Concernant
les moteurs deux temps, ne manquez pas de visiter notre section
consacrée à la motomarine
Une
nuisance publique intolérable
De plus en plus d'organismes non gouvernementaux et de pouvoirs publics à travers le monde, supportent maintenant l'idée d'adopter des mesures plus restrictives à l'utilisation des moteurs deux temps, ce qui mènera vraisemblablement à leur interdiction à échéance......
Voici des liens intéressants concernant cette problématique:
Du Ministère Suisse de l'environnement: http://www.buwal.ch/bulletin/1997/f3a10s02.htm
De
l'Association Canadienne des Physiciens pour l'Environnement (CAPE).
Notez ici qu'il s'agit d'un appui de taille des professionnels de la
santé:
http://www.cape.ca/jetskiswb.htm
De Pêches
et Océans Canada: (Fait surprenant, la garde côtière
canadienne reconnaît maintenant que les rejets d'hydrocarbures
imbrûlés des moteurs deux temps sont une importante
source de pollution aquatique)
http://www.pacific.ccg-gcc.gc.ca/Epages/offboat/PAE/reducing.htm
De
l'Université de Miami
http://newsinfo.muohio.edu/news_display.cfm?mu_un_id=309
De
l'Université de la Californie
http://tsrtp.ucdavis.edu/tsrtp/MTBE_RFP/june_abstracts/reuter_a_g.html
Autres:
http://www.detnews.com/1998/metro/9807/17/07170138.htm
http://ens.lycos.com/ens/dec99/1999L-12-06g.html
http://www.foe.org/eday99/page8.html